La densité de médecins
Au 1er juillet 2007, la densité médicale globale en France était de 337 médecins pour 100.000 habitants. Le nombre de médecins n’a jamais été aussi élevé (avec une croissance de près de 30 % depuis 20 ans) alors que les inégalités régionales d’installation des professionnels de santé demeurent particulièrement importantes (la densité médicale varie de 1 à 4 selon les départements).
La densité la plus élevée se trouve en Île-de-France suivie des régions méridionales. À l’opposé, les départements d’outre-mer (DOM) ont la densité la plus faible derrière la Picardie, dernière en métropole [*].
[*] Données brutes : écart de 1 à 3,1 entre le Pas-de-Calais et les Alpes-Maritimes (162,9 médecins pour 100 000 habitants) ; écart de 1 à 3,1 entre l’Eure (118 médecins pour 100 000 habitants aujourd’hui) et Paris (367,3).
La démographie médicale enregistre une décroissance en raison du double effet de la diminution du numerus clausus dans les années 90 et de l’augmentation du nombre de médecins partant en retraite.
Cette nouvelle tendance aggrave ces disparités géographiques et de générer des difficultés d’accès aux soins dans certaines zones déjà particulièrement fragiles.
Cependant, la moyenne française dépasse toujours celle des pays de l’OCDE qui s’établit à environ 262 médecins pour 100.000 habitants.
Nombre d’internes par année d’études de 2006-2007 à 2008-2009
Source : Enquêtes internes ONDPS 2006 et 2008
B. La rémunération des praticiens
Les données publiées aujourd’hui ne permettent pas de donner une image parfaitement fidèle de la réalité des revenus des médecins du public comme du privé. Les informations publiées ci-dessous sont donc uniquement indicatives.
Pour le public
- Bases de données Eco-Santé.
- Commission « Démographie médicale hospitalière », rapport présenté par le professeur Berland septembre 2006.
- Note HCCAAM sur les conditions d’exercice et les revenus des médecins libéraux (Mai 2007).
- L’atlas de la démographie médicale en France, situation au 1er janvier 2007, CNOM étude n° 40.
- Démographie médicale française, les spécialités en crise, situation au 1er janvier 2006, CNOM, étude n°39-2, 2007.
- Démographie et activité des professions de santé données de cadrage, IRDES, juillet 2007.
- Commission « Démographie médicale », rapport présenté par le professeur BERLAND, en mai 2005.
- Les évolutions démographiques des professionnels de santé – Données sociales : la société française, éditions 2006.
- Source : Melios, Docteur Didier Legeais.
- La démographie médicale à l’horizon 2030 – Source : DRESS
- Enquête sur la rémunération des médecins et chirurgiens hospitaliers – Rapport 2009 – Source : La documentation française
- Le renouvellement des effectifs médicaux – Rapport 2008 2009 - Sources : ONDPS
Exemple 1 : Rémunération d’un Praticien Hospitalier 1er échelon à temps plein
Un praticien hospitalier premier échelon gagne de façon annuelle : 3996,92 € X 12 = 47.962 € brut soit environ 40.645 € net (hors garde, et sans activité libérale à l’intérieur de l’hôpital, ce qui est autorisé pour une partie du temps des praticiens).
Articles R. 6152-1 à R. 6152-99 du code de la santé publique
| Personnels concernés | Montants au 1er février 2007 (en Euros) |
| I. Emoluments hospitaliers | |
| 13è échelon | 87 095.19 |
| 12è échelon | 83 403.04 |
| Exemple 3 : 11è échelon | 73 361.79 |
| 10è échelon | 70 431.10 |
| 9è échelon | 65 546.70 |
| 8è échelon | 63 267.37 |
| 7è échelon | 61 313.65 |
| 6è échelon | 57 243.38 |
| 5è échelon | 53 498.58 |
| Exemple 2 : 4è échelon | 51 219.24 |
| 3è échelon | 49 916.87 |
| 2è échelon | 48 776.97 |
| Exemple 1 : 1er échelon | 47 962.99 |
| II. ISPE (Indemnité de service public exclusif) Montant brut mensue | 477.37 |
| III. IMS (Indemnités pour activités sur plusieurs établissements) Montant brut mensuel | 407.2 |
Exemple 2 : Rémunération d’un chirurgien débutant 4è échelon
Les chirurgiens, pour la plupart anciens assistants des CHU, démarrent leur carrière à l’échelon quatre, ce qui correspond à un salaire de démarrage de 51.219 € brut soit environ 43.405 € net, toujours hors garde, et sans activité libérale.
Si le chirurgien n’exerce aucune activité libérale, il perçoit en plus une indemnité compensatrice dite « d’engagement de service hospitalier exclusif » de 477,37 brut € par mois ce qui correspond à 5.724 brut annuel ou 4.850 net annuel.
On voit donc que le minimum que peut gagner un chirurgien hospitalier débutant est de : 43.405 + 4.850 = 48.255 € net.
Cependant, ce salaire est théorique. Il correspond à celui d’un chirurgien débutant, qui n’exercerait aucune activité libérale et ne prendrait aucune garde (ce qui est en réalité hautement improbable, les chirurgiens débutants faisant plus de gardes que les autres).
La garde « obligatoire », comptant dans le temps de travail est rémunérée environ 250 euros (maximum, une garde par semaine un jour férié par mois).
Ensuite, le praticien peut réaliser des gardes « volontaires » rémunérées environ 450 euros/nuit, 900 euros par jour fériés. Se rajoutent donc 1.000 à 3.000 euros mensuels de garde selon le nombre réalisé.
Exemple 3 : Rémunération d’un chirurgien après 15 ans d’activité, échelon 11
Si on considère qu’un chirurgien a terminé sa formation vers l’âge de 32 ans, on peut considérer qu’il est à mi-parcours professionnel au bout de 15 ans.
Ayant démarré à l’échelon 4, après quinze ans et selon la grille, le chirurgien sera à l’échelon 11 ce qui correspond à un salaire de 73.361 € brut soit environ 62.170 € net, toujours hors garde ou astreintes, et sans activité libérale.
A cela s’ajoute au moins l’indemnité d’engagement de service hospitalier exclusif de 4.850 € net soit au total un minimum de : 67.020 € net.
Bien entendu, si le chirurgien a une part d’activité libérale, il ne perçoit pas l’indemnité compensatrice. Par contre, les revenus de son activité libérale s’ajoutent à ses revenus de salarié.
La rémunération d’un secteur libéral est fonction du choix d’exercice (secteur I ou II) et du type d’activité (consultation ou bloc opératoire).
Par cette activité le médecin peut améliorer ses revenus mais aussi sa retraite et sa prévoyance.
Un chirurgien peut ainsi gagner 3 à 4.000 euros de plus par mois (attention, le secteur libéral fait perdre une partie de la retraite et des indemnités en cas d’arrêt maladie, environ moins 30%).
Il a surtout permis aux PU-PH, agrégés, d’améliorer leur retraite et leur protection dans la mesure où ils ne cotisaient que sur leur rémunération faculté.
Cependant, ce statut doit évoluer.
Si la connaissance des honoraires de pratique libérale est relativement bonne, on ne connaît pas le revenu total des médecins libéraux faute d’informations suffisantes sur leurs revenus salariaux (à l’hôpital, en dispensaires et centres de soins).
Le Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie estime à 23% la proportion des médecins libéraux qui percevraient, en plus de leurs honoraires libéraux, des revenus salariaux (10% des omnipraticiens et 38% des spécialistes).
D’autre part, ces analyses sont le plus souvent conduites sans segmentation par secteur conventionnel (secteur 1 à tarifs opposables, secteur 2 à honoraires différents). Or la segmentation sectorielle est nécessaire dès lors qu’on cherche à déterminer le revenu à partir des honoraires et des charges.
Enfin, les données sur les retraites sont lacunaires et rendent difficile une comparaison avec celles d’autres professionnels.
Cependant, dans son étude publiée en mars 2007, mais portant sur les données 2004 et 2005, la DREES (Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques) indique que « les médecins auraient perçu en moyenne 82.100 euros de revenu libéral net de charges ».
« Un omnipraticien aurait en moyenne perçu 63.900 euros, tandis qu’un spécialiste aurait disposé de 103.900 euros de revenu libéral ».
Tableau 1 : exemple de revenus des libéraux (selon statistiques AGA) : Cliquer ici







