EPP, accréditation, gestion de risques

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EPP, accréditation, gestion de risques

2 - Gestion de risques et pratique médicale

La prévention des risques s’impose désormais comme une composante essentielle des organisations notamment dans le domaine médical. Il est de la responsabilité de chaque soignant de s’inscrire dans une telle démarche. Mais comment s’aborde la gestion de risque ?

Au cours des dernières années, les établissements ont été encouragés à mettre en place le signalement des évènements indésirables (incidents, accidents ou évènement pouvant conduire à une situation de risque). L’objectif est d’apporter une réponse (souvent organisationnelle) permettant d’éviter que ces évènements se reproduisent.

Dans les hôpitaux ou cliniques, des « fiches de risques » ont été rédigées et mises à la disposition de tous. Des « cellules de gestion de risques » ont analysé les fiches et proposé des solutions. Cette approche des risques est dite « a posteriori ». Elle s’est heurtée à certaines résistances : des professionnels hésitent à s’engager dans ce que certains prennent (à tort) pour de la délation, le remplissage des fiches est inégal et irrégulier… Pourtant, dans les établissements où ce système fonctionne, il permet d’identifier de nombreux risques et de les prévenir.

D’ailleurs, de tels signalements peuvent également entrer dans le cadre des vigilances réglementaires qui constituent une composante importante de la prévention des risques. Mais on a bien conscience que ces démarches ne permettent pas d’avoir une vision exhaustive des risques.

Heureusement, tous les évènements indésirables ne se produisent pas ou sont pour certains exceptionnels. Il ne faut pourtant pas les ignorer et il est essentiel de les prévenir. Il faut donc aller plus loin que la démarche « a posteriori » et aborder également les risques « a priori » ; cette approche, bien connue de certains milieux (transports aériens notamment) est nouvelle dans le monde de la santé.

Dans un premier temps, il convient de recenser tous les risques potentiels (afin de les prévenir) puis d’établir une « cartographie des risques » en les hiérarchisant selon leur « criticité » (la criticité d’un risque augmente si la probabilité qu’il se produise est grande ou si sa gravité est jugée importante). Une fois ce travail effectué, dans la mesure où il est impossible de s’attaquer simultanément à tous les risques, des priorités doivent être fixées en privilégiant la prévention des risques présentant une fréquence et/ou une gravité particulièrement importante.

Ce travail essentiel de recensement et de cotation doit être envisagé sur le long terme : il n’est pas toujours possible de le réaliser en un temps. De plus, certains risques méconnus peuvent apparaître. Il s’agit donc bien de mettre en place une organisation coordonnée et pérenne de gestion des risques. Au fur et à mesure, la maîtrise de certains risques permet de s’impliquer plus dans la prévention d’autres évènements indésirables.

Accréditation des médecins : les médecins exerçant une spécialité à risque peuvent s’engager dans une procédure d’accréditation. Cette démarche non obligatoire est un engagement dans un dispositif de gestion des risques. L’accréditation est valable pour une durée de 4 ans. Les médecins accrédités ou engagés dans la procédure de renouvellement de leur accréditation peuvent bénéficier d’une aide à la souscription de leur assurance professionnelle. Les médecins accrédités sont réputés avoir satisfait à l’obligation d’EPP.

Docteur François Larue,
Directeur qualité

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