Maître Anne Sophie Moulin, avocat au barreau de Paris répond aux questions les plus fréquentes que vous vous posez à propos d’un contrat d’exercice libéral entre un professionnel de santé et un établissement médical.
La clause d’exercice privilégié dans les contrats médecins-cliniques est admise par la jurisprudence. Elle limite la liberté de recrutement de l’établissement et la faculté d’exercer dans d’autres établissements pour le praticien.
Cette clause présente des contraintes et des avantages réciproques pour chacune des parties :
L’exercice privilégié est habituellement réciproque : le bénéficiaire s'engage à ne pas exercer dans une clinique concurrente et en contrepartie la clinique limite sa faculté de faire appel à un praticien de même spécialité sans son accord.
Cependant cette réciprocité doit être explicitement prévue et stipulée dans le contrat. Les tribunaux rappellent de manière constante qu'à défaut, les parties sont sensées avoir choisi de ne pas s'en prévaloir.
Le droit d’exercice privilégié ne se présume pas, il se prouve. La Cour de Cassation a rappelé que : « si l'absence d'un écrit n'exclut pas l'existence de relations contractuelles, il reste alors à déterminer l'étendue de celle-ci ; que si le praticien soutient qu'il bénéficie d'un contrat d'exclusivité, il lui appartient alors d'en rapporter la preuve conformément aux dispositions de l'article 1315 du Code Civil et notamment en produisant un écrit constatant cette exclusivité… »
Lorsqu'elle existe, la clause doit en conséquence être définie de manière précise :
Un médecin doit pouvoir s'adresser au consultant de son choix pour un examen complémentaire ou pour assurer à l'un de ses malades les soins qu'il estime être les mieux appropriés.
Les clauses d'exercice privilégié n'ont d'effet qu'entre les parties contractantes. Elles n'engagent pas les autres médecins de la clinique qui demeurent en droit de proposer à leurs clients les soins d'un autre confrère spécialiste n'exerçant pas dans la clinique.
Cependant en pratique, la clinique informe les autres médecins de l'établissement des exclusivités consenties pour faire respecter au maximum leurs conventions d'exercice privilégié.
L'exercice privilégié est aujourd'hui remis en cause et plus difficile à obtenir pour une raison simple et compréhensible : les cliniques ne veulent plus être liées avec un ou deux praticiens exclusifs, préférant une situation de concurrence.